Débat « Grand format » | Des m2 à réinventer : le logement social à la reconquête de l’existant (03/02/26)
mercredi 7 janvier 2026
A l’heure où la sobriété foncière s’impose comme un horizon structurant des politiques locales de l’habitat, la transformation de locaux d’activité en logement apparaît comme un levier essentiel et un gisement incontournable pour la production Hlm, sans constituer pour autant une réponse aujourd’hui à la hauteur de la crise du logement. C’est dans ce contexte que le Réseau des acteurs de l’habitat a consacré son débat Grand format à la thématique « Des m² à réinventer : le logement social à la reconquête de l’existant ».
Animé par la journaliste Nora HAMADI, ce débat a réuni le 3 février 2026 près de 400 participantes et participants autour de :
- Christophe BAZILE, maire de Montbrison et président de Loire Forez agglomération
- Maxime BITTER, directeur général de Lille Métropole Habitat
- Aude DEBREIL, présidente du directoire de Grand Paris Habitat
- Anne D’ORAZIO, directrice de l’Ecole nationale supérieure d’architecture de Paris La Villette, codirectrice de la Chaire « Le logement demain »
- Amaury PINCHON, responsable du service logement social et réaménagement de la dette à la direction des prêts de la Banque des Territoires
Plusieurs grands questionnements ont structuré ces échanges.
Comment penser des stratégies différenciées de transformation selon les contextes territoriaux (métropoles ou villes moyennes, secteur tendu ou détendu, type de gisement mobilisable, etc.) ? Les échanges ont insisté sur la diversité des fonciers concernés (bureaux, friches industrielles, bâtiments publics, locaux agricoles, etc.), rappelant que ces transformations s’opèrent déjà « à bas bruit » sur de nombreux territoires.
Comment lever les freins opérationnels (accès et maitrise du foncier, coûts d’acquisition souvent élevés, aléas techniques, surcoûts de travaux, modèles économiques fragiles, etc.) ? Les intervenants ont partagé leurs retours d’expérience, rappelant que produire du logement social dans des opérations de transformation nécessite de l’agilité pour construire des montages adaptés (mixité programmatique, aides publiques, prêts dédiés, etc.) et trouver un équilibre économique « dans la dentelle ».
Quels partenariats construire entre collectivités, bailleurs sociaux, opérateurs privés, établissements publics fonciers et institutions financières pour sécuriser ces opérations ? Le rôle du portage local, notamment politique, de l’ingénierie, des compétences et partenariats mobilisés ont été largement soulignés, insistant sur la nécessité de travailler en « mode projet » pour mobiliser et aligner les parties prenantes.
Enfin, ce débat Grand format a été l’occasion d’interroger les perspectives pour accélérer la mise en œuvre et augmenter les volumes de transformation. Incitations fiscales, renforcement de l’ingénierie des collectivités et des organismes Hlm, création d’outils et d’acteurs dédiés, assouplissement de la réglementation, capitalisation des bonnes pratiques, etc. : de nombreuses pistes ont été partagées pour multiplier ces projets vertueux.