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Clémence Léobal, sociologue : prix spécial de thèse sur l’habitat social 2018

Depuis 2014, l’Union sociale pour l’habitat, la Caisse des Dépôts et l’Institut CDC pour la recherche ont engagé ensemble une dynamique de coopération avec les milieux de la recherche, dont la remise d’un prix de thèse qui, cette année 2018, a eu lieu au congrès Hlm à Marseille.

L’un des deux prix spéciaux a été décerné à Clémence LEOBAL, pour sa thèse de doctorat en sociologie dirigée par Anne Gotman et Benoît de L’Estoile, soutenue le 8 juin 2017 à l’Université Paris Descartes., intitulée :
« ‘Osu’, ‘baraques’ et ‘batiman’ : Redessiner les frontières de l’urbain à Soolan (Saint-Laurent-du-Maroni, Guyane) ».

Résumé
"Cette thèse porte sur la rencontre entre des politiques urbaines françaises et des modes d’habiter l’Amazonie à Soolan (ou Saint-Laurent-duMaroni), à la frontière avec le Surinam. Les habitants des classes populaires sont confrontés à des normes d’urbanité concrétisées par les démolitions de « bidonvilles » et la construction de logements sociaux.

Il s’agit d’analyser les interactions entre les acteurs en jeu dans cette situation postcoloniale impliquant habitants, élus communaux et professionnels de la ville, dans un contexte d’Outre-mer aux hiérarchies sociales croisant classe, nation, et race. Alliant une perspective historique et ethnographique, ce travail analyse les rapports d’habitants originaires de l’amont du Maroni aux administrations et à leurs agents. L’analyse passe du logement, catégorie de l’action publique, aux maisons, espaces vécus inscrits dans des configurations de parenté, des mobilités et des modes d’habiter de part et d’autre du Maroni. Les maisons sont appropriées par les habitants de manière dialectique : tout en se conformant à des normes d’urbanité bakaa (blanches) matérialisées par les logements sociaux, et sanctionnées par les bailleurs, les habitants transforment la ville par leurs modes d’habiter, et font un usage stratégique de ressources issues de la maîtrise du territoire transfrontalier. Ces pratiques de l’espace ont des effets tant sur les modes d’habiter que sur les politiques urbaines. Les interactions asymétriques entre habitants et professionnels de la ville concrétisent leurs différences, constamment réitérées, dans les formes urbaines d’une ville ségrégée. Elles redéfinissent donc en permanence les frontières des personnes, des maisons, et des lieux."

Pour aller plus loin :
- Prix de thèse sur l’habitat social - Le livret